#16 FloraissancePortrait

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Parlez-vous
le langage

    des plantes ?

Saviez-vous que les plantes communiquent réellement entre elles ? Dr Monica Gagliano a écrit un livre fascinant et provoquant sur ce sujet. Et si les plantes et les humains avaient davantage en commun que ce que nous pouvions imaginer ?

Les scientifiques contemporains débattent sur une nouvelle façon de comprendre la flore. De nouveaux mouvements botanistes font des déclarations passionnantes sur l’intelligence des plantes et leur sensibilité... Une de ces scientifiques est le Dr Monica Gagliano (43 ans), originaire d’Italie et vivant actuellement dans l’ouest de l’Australie. Dans son livre controversé, fascinant et provocateur « Thus spoke the plant » (ainsi parla la plante), elle explique comment elle a découvert que les plantes peuvent réellement communiquer entre elles et comment cela a changé sa vie.

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Les scientifiques contemporains débattent sur une nouvelle façon de comprendre la flore. De nouveaux mouvements botanistes font des déclarations passionnantes sur l’intelligence des plantes et leur sensibilité... Une de ces scientifiques est le Dr Monica Gagliano (43 ans), originaire d’Italie et vivant actuellement dans l’ouest de l’Australie. Dans son livre controversé, fascinant et provocateur « Thus spoke the plant » (ainsi parla la plante), elle explique comment elle a découvert que les plantes peuvent réellement communiquer entre elles et comment cela a changé sa vie.

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Ainsi parla la plante

L'histoire de la découverte d’une scientifique sur la communication entre les plantes, et comment cela a influencé sa recherche et changé sa vie.

Plantes intelligentes

Dans son livre, elle parle des plantes et des relations que nous entretenons avec elles. Monica affirme que les plantes peuvent apprendre. « Les plantes ont traversé ensemble beaucoup plus de catastrophes que l’Homo sapiens, ce qui signifie qu’elles sont peut-être capables de mieux apprendre que nous », a-t-elle déclaré à Philosoplant. En transcendant l’image de la plante comme objet du matérialisme scientifique, Monica Gagliano nous encourage à repenser les plantes comme des êtres humains, dotés de subjectivité, de conscience et de volonté, ayant la capacité de définir leurs propres perspectives et leur voix. Le livre s’appuie sur ses rencontres personnelles et ses relations étroites avec des plantes, des chamans de plantes, des vieillards autochtones et la mystique aux quatre coins du monde. Le tout entremêlé de ses remarquables voyages d’exploration et découvertes scientifiques qui en furent le fruit.

Chut ! Les plantes écoutent

À l’University of Western Australia, Monica Gagliano a rassemblé les preuves que certaines plantes peuvent effectivement émettre et détecter des bruits. En particulier, un craquement dans les racines à une fréquence de 220 hertz, inaudible pour les humains. « Ces expériences ne sont pas celles d’une personne bizarre qui serait la seule à les faire », ajoute-t-elle. « Apprendre des plantes », prétend-elle, « est un cérémonial longuement documenté. »

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Ainsi parla la plante

L'histoire de la découverte d’une scientifique sur la communication entre les plantes, et comment cela a influencé sa recherche et changé sa vie.

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Feuilles audacieuses

Comme l’histoire suivante, qui est probablement celle qui est la plus connue. Elle cherchait à découvrir si les plantes, comme les animaux, étaient capables de faire preuve d’une forme basique d’apprentissage appelée « accoutumance ». Dans cette étude, elle a travaillé sur une plante nommée Mimosa pudica. Plante que vous connaissez peut-être sous le nom de « la sensitive » car elle contracte ses feuilles lorsqu’on la touche. Ainsi, dans cette expérience, des mimosas en pot ont été lâchés sur de la mousse de quelques centimètres de hauteur seulement. La première fois, les feuilles se sont rétractées immédiatement. Mais elles ont cessé au bout d’un certain temps. Les botanistes conventionnels qui ont vécu l’expérience ont dit : « Elles sont juste fatiguées » Mais Monica a répété l’expérience avec les mêmes plantes une semaine plus tard, puis un mois plus tard. Et toutes les plantes ont réagi de la même façon : sans rétracter leurs feuilles à la suite de leur chute. Mais stimulées de la façon conventionnelle, comme par exemple saisies par une main, elles se sont toutes immédiatement rétractées. Ce n’est donc pas qu’elles étaient « fatiguées », écrit Monica, car secouer le pot les faisait réagit tout de suite. Et lorsque le test de la chute fut répété un mois plus tard, les feuilles n’ont pas réagi. Les plantes avaient en fait « appris » que cette chute n’était pas une menace, en a conclu Monica. Le plantes se souvenaient... N’est-ce pas surprenant ?!

LES PLANTES ONT TRAVERSÉ BEAUCOUP PLUS DE CATASTROPHES CLIMMATIQUES QUE L’HOMO SAPIENS,ELLES SONT PEUT-ÊTRE MIEUX À MÊME D’APPRENDRE QUE NOUS______.
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About Lilian Martinez @BFGF

Illustrator Lilian Martinez from LA created the stunning illustrations in this feauture. We’ve selected her beautiful work because of the wonderful connection they communicate between humans and plants, added up with her inspiring use of floraissance colours.

La plus intelligente survit

Si les plantes peuvent apprendre, retenir, évaluer les choix qui leur sont proposés et prendre des décisions comme Monica Gagliano le prétend - « Cela est confirmé par ce que nous avons observé dans le cadre contrôlé d’un laboratoire scientifique ainsi qu’à l’extérieur, dans des endroits tels que Kew Gardens », dit-elle – qu'est-ce que cela signifie-t-il alors pour la façon dont nous abordons les plantes dans notre environnement naturel ? « Ces résultats anéantissent nos idées obsolètes de ce que cela signifie d’être une plante et, de façon plus générale, de vivre. Et en un sens, cela reste cohérent. L’apprentissage est en fin de compte une stratégie de survie sans laquelle la vie n’aurait pas perduré sur la terre. Notre environnement étant en perpétuel changement, il est important pour tous les organismes d’agir de façon nouvelle et créative afin de survivre. Y compris pour les plantes. »

« JE VEUX QUE LES GENS COMPRENNENT QUE LE MONDE DÉBORDE DE MAGIE_______”

Conversations vertes

A l’University of Sydney en Australie, Monica Gagliano a publié plusieurs études étayant son idée que les plantes, dans une certaine mesure, sont dotées d’intelligence. Toutes ses expériences suggèrent que les plantes peuvent apprendre un comportement et s’en souvenir. Ses travaux prétendent également que les plantes peuvent « entendre » l’eau qui coule et même produire de faibles bruits de cliquetis, peut-être pour communiquer. « Je veux que les gens comprennent que le monde est plein de magie, non pas de choses que seules certaines personnes sont capables de constater ni de choses étrangères à ce monde, » explique-t-elle. « Non, tout est là, bien réel, pour nous tous. » Nous devons juste regarder d’un peu plus près...

Reconnaissance des plantes

La recherche scientifique de Monica Gagliano, qui a repoussé les frontières de nos connaissances dans le domaine du comportement et de la communication des plantes, a toutefois autant de critiques que de partisans. Certains jugent son livre un peu trop « new-age » et pas assez scientifique. D’autres disent qu’il s’agit d’une vision induite par des chamans sous l’effet de la drogue. Ou bien disent que c'est n’importe quoi étant donné que la notion d’apprentissage nécessite un cerveau et doit être réservée au monde animal. Le professeur Lincoln Tiaz dit que des mots tels qu’accoutumance ou désensibilisation seraient peut-être plus appropriés. Et cela peut être une remarque de la plus haute importance. Monica Gagliano dit que son article sur le mimosa a été refusé par dix journaux, mais : « Aucun des examinateurs n’avait de problème avec les informations. » C’est devant de langage utilisé pour décrire ces informations qu’ils ont tout reculé... À présent, Monica se pose cette question essentielle : « Comment ouvrir les yeux de quelqu’un qui croit déjà les avoir ouverts ? » Une chose est certaine : son travail nous montre à quel point elle aime et respecte les plantes. Monica Gagliano est déterminée à gagner pour les plantes la considération qu’elles méritent. Et nous ne pouvons qu’admirer ses efforts et sa persévérance. Comme beaucoup de scientifiques et d’environnementalistes, elles est persuadée que pour sauver la planète, nous devons nous comprendre et nous accepter nous-même comme faisant partie de ce monde naturel si étonnamment sensible_______.

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Conversations vertes

A l’University of Sydney en Australie, Monica Gagliano a publié plusieurs études étayant son idée que les plantes, dans une certaine mesure, sont dotées d’intelligence. Toutes ses expériences suggèrent que les plantes peuvent apprendre un comportement et s’en souvenir. Ses travaux prétendent également que les plantes peuvent « entendre » l’eau qui coule et même produire de faibles bruits de cliquetis, peut-être pour communiquer. « Je veux que les gens comprennent que le monde est plein de magie, non pas de choses que seules certaines personnes sont capables de constater ni de choses étrangères à ce monde, » explique-t-elle. « Non, tout est là, bien réel, pour nous tous. » Nous devons juste regarder d’un peu plus près...

Reconnaissance des plantes

La recherche scientifique de Monica Gagliano, qui a repoussé les frontières de nos connaissances dans le domaine du comportement et de la communication des plantes, a toutefois autant de critiques que de partisans. Certains jugent son livre un peu trop « new-age » et pas assez scientifique. D’autres disent qu’il s’agit d’une vision induite par des chamans sous l’effet de la drogue. Ou bien disent que c'est n’importe quoi étant donné que la notion d’apprentissage nécessite un cerveau et doit être réservée au monde animal. Le professeur Lincoln Tiaz dit que des mots tels qu’accoutumance ou désensibilisation seraient peut-être plus appropriés. Et cela peut être une remarque de la plus haute importance. Monica Gagliano dit que son article sur le mimosa a été refusé par dix journaux, mais : « Aucun des examinateurs n’avait de problème avec les informations. » C’est devant de langage utilisé pour décrire ces informations qu’ils ont tout reculé... À présent, Monica se pose cette question essentielle : « Comment ouvrir les yeux de quelqu’un qui croit déjà les avoir ouverts ? » Une chose est certaine : son travail nous montre à quel point elle aime et respecte les plantes. Monica Gagliano est déterminée à gagner pour les plantes la considération qu’elles méritent. Et nous ne pouvons qu’admirer ses efforts et sa persévérance. Comme beaucoup de scientifiques et d’environnementalistes, elles est persuadée que pour sauver la planète, nous devons nous comprendre et nous accepter nous-même comme faisant partie de ce monde naturel si étonnamment sensible_______.

About Lilian Martinez @BFGF

Illustrator Lilian Martinez from LA created the stunning illustrations in this feauture. We’ve selected her beautiful work because of the wonderful connection they communicate between humans and plants, added up with her inspiring use of floraissance colours.

Texte :
Rosanne Loffeld

Illustrations :
Lilian Martinez @BFGF

Sources
The New York Times : Les plantes ont-elles quelque chose à dire ? Par Ellie Shechet. Publié le 26 août 2019, National Geographic, Smithsonianmag, Philosoplant, Forbes, Ecos.org.uk, The Paris review, WAtoday.au, The New Yorker, Penguinrandomhouse.